Monemvasie, la ville cachée
- christianhuteau44
- 15 janv. 2023
- 3 min de lecture
Quand on arrive au-dessus de la baie de Monemvasie, au sud du Péloponnèse la première vision est celle d’un énorme rocher ancré dans la mer à quelques mètres du continent, un rocher qui exerce un grand pouvoir de fascination. En effet, la ville se dérobait au regard. Je mis du temps à comprendre qu'elle était cachée par le rocher.

Le soir de mon arrivée, je pris la décision de stationner sur le port de la ville de Gérifa, côté continent. Et c’est à pied que je franchis le lendemain la jetée reliant le rocher au continent et parcourus la route longeant le rocher, avec le sentiment excitant de la découverte.



La ville s’offrit à moi d’abord par une muraille qui descendait du sommet à la mer. C’est par une porte fortifiée que je suis rentré dans la ville basse. Toute une suite de ruelles et d’escaliers signait son origine moyenâgeuse.


C’est au Moyen-Age que la ville connut un développement commercial extraordinaire de par sa situation géographique, offrant un abri naturel aux bateaux et comme carrefour sur la route de Venise à Byzance. La ville fut l’objet de convoitises de la part des byzantins, des francs, des vénitiens, des ottomans. On y trouve encore quelques références avec par exemple ce lion de Venise, ou l’aigle à double tête de Byzance.


Ce qui est assez unique ici, c’est que la ville se divise en deux : la ville basse toujours en activité et qui a été par le passé le royaume des marchands, des artisans, des pêcheurs et la ville haute, qui est aujourd’hui un champ de ruines, et qui était du temps de Venise le siège de l’administration de la ville.

La rue principale de la ville basse permet d’admirer l’architecture des maisons d’habitations et des monuments comme ces églises byzantines et vénitiennes et cette ancienne mosquée, témoin de l’occupation ottomane. Le rempart sud de la ville a été aussi restauré récemment grâce à l’aide de l’Europe.



C’est par un raidillon en lacets que je fis l’ascension vers la ville haute. En chemin, j’entendis un drone qui rodait au-dessus de la ville. Je finis par croiser son pilote. Et je fis aussi la connaissance d’un chat qui semblait très intrigué par l’engin volant au bruit si caractéristique.


L’entrée dans la ville haute se fait aussi par une porte ouvrant sur un corridor. Je fus stupéfait par la vision plongeante que j’avais sur la ville basse et la mer.

En remontant dans la ville, mon regard parcourait les nombreux vestiges du lieu, laissant deviner un passé tumultueux. Seule semblait avoir échappé à la destruction l’église Aghia Sofia. L’édifice connut des fortunes diverses : tour à tour byzantin, vénitien et musulman. Je ne pus pénétrer dans l’église, étant fermée en semaine.


En poursuivant mon ascension, j’arrivai au point le plus haut du plateau, occupé par les vestiges d’en château, construit au-dessus d’une falaise Je pus contempler la côte et la ville de Gerifa d’où j’étais venu.

En reprenant le chemin du retour, je ne pus résister à faire un pas de côté * pour admirer la ville basse avec un nouveau point de vue.
* un seul pas de côté, c'est recommandé ici

Je quittai ce site unique et enchanteur avec la vision d’une œuvre picturale d’une artiste locale, ayant représentée sa ville avec un art pleinement byzantin

Je quittai aussi le site avec une interrogation. Est-ce que le rocher de Momenvasie est une presqu’ile ou une ile ? Dans le passé, le rocher était bien une ile. Il l’était toujours quand le rocher fut relié au continent par un pont de bois. Aujourd’hui, une route construite sur des rochers entre Monemvasie et la terre ferme laisserait penser que le rocher a changé de statut, devenant une presqu’ile. Ce n’est pas si simple : au milieu de la jetée, un petit pont permet aux courants marins de circuler de part et d’autre de la baie. Alors, presqu’ile ou ile ?





Ton prochain voyage : la Grèce ?
Je te souhaite une bonne semaine
Christian
Bravo Christian pour ce photo reportage qui donne envie!
Bonne continuation
Daniel