Le Magne, une péninsule figée dans le temps
- christianhuteau44
- 14 janv. 2023
- 2 min de lecture

Tout au Sud du Péloponnèse, trois péninsules plongent dans la mer Méditerranée. Celle du milieu, la péninsule du Magne se caractérise par un type d’architecture particulier. A partir du XVIIIème siècle, les villages de la péninsule verront se dresser des maisons-tours. Cette apparition trouve son explication dans l’hostilité entre des grandes familles, hostilité qui débouchera sur des vendettas meurtrières. Ces demeures à vocation défensive sont particulièrement nombreuses à Vathia, Lagia, Langada et Flomochori

Aujourd’hui, un certain nombre de ces tours sont à l’abandon, transformant certains villages en villages-fantôme. Ce phénomène a coïncidé avec l’hémorragie démographique qu’a connu Le Magne à partir du XIXème siècle. Ces tours sont parfois restaurées et deviennent alors des résidences secondaires pour les Athéniens aisés. Ce type d’habitat propre au Magne influence même l’architecture contemporaine


Les zones côtières ont vu aussi l'apparition de tours défensives, pour assurer les populations d'une protection en cas de menaces venant de la mer.
Exemple avec la tour Mourtzinos de Kardamyli

Mon voyage dans le Magne m'a rappelé un épisode passé de migration de la population de la région et qui a un rapport avec la France. En 1676, un clan du village d’Itylo, pour fuir la vendetta d’un clan ennemi a demandé l’asile à la République de Gênes. La République leur a alors octroyé des terres sur la commune de Cargèse en Corse. Les nouveaux arrivants, au départ mal acceptés par la population locale, ont fini par s’intégrer. Aujourd’hui, la mémoire de cet exode est toujours vivante à Cargèse. On y trouve même une église orthodoxe. J’avais eu connaissance de cette histoire lors d’un séjour dans cette ville corse.


L’autre atout du Magne, ce sont les paysages sublimes que l’on rencontre en parcourant la route côtière. Un mélange de petits ports colorés et accueillants, à l’exemple de Porto Kagios, de villages fleuris accrochés aux flancs des montagnes et de landes austères à la végétation rare. On peut tomber aussi tomber sur de très belles églises orthodoxes, comme celle de Langada




L’extrême sud de la péninsule est particulièrement aride et donne une impression de désolation renforcée par la dépopulation, plus importante encore ici. Je tenterai d’atteindre le cap Tenaro, qui est la pointe extrême de la péninsule. Mais me trouvant dans une impasse, j'ai été obligé de faire demi-tour avec mon camping-car. A mon grand regret, je n’aurai pas atteint le cap Tenaro

Une autre attraction de la région, c’est la grotte de Dyrou, une immense curiosité géologique, qui se trouve au niveau de la mer. Cette grotte, d’une longueur de 1500 m se parcoure en barque et permet d’admirer des stalactites et des stalagmites immaculés

La région vit de la production d'huile et d’olives très savoureuses, les olives de Kalamata sont très réputées. On y élève aussi des troupeaux de brebis, de chèvres et de vaches élevées pour leur lait.


En quittant la péninsule du côté de la Mer Egée, je ferai une halte à Gythio, un joli port de pêche, aux couleurs vives, contrastant avec la minéralité du Magne





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